Je reviens tout juste de mon premier voyage en Jamaïque et j’ai plein de choses à vous partager. Et bien sûr on va commencer par la nourriture. Parce que si vous avez déjà eu l’occasion de manger jamaïcain vous savez que c’est délicieux. Dans cet article je vous partage quoi manger en Jamaïque: les spécialités culinaires à absolument goûter pour une expérience inoubliable.
Un peu de contexte: mon copain est jamaïcain, donc je mange régulièrement jamaïcain. Quand il cuisine, au resto ou même avec sa maman. Donc j’étais déjà assez familière avec la cuisine et les saveurs. Évidemment on était super excités d’être à la source pour se régaler.
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Vous pouvez aussi retrouver mon vlog en Jamaïque et les articles suivants:
- Quoi faire à Kingston, Jamaïque
- Notre expérience au AC Hôtel Kingston
- Où manger à Kingston, Jamaïque ?

Ackee and saltfish (aki et morue salée)
On commence notre liste de quoi manger en Jamaïque par le plat national du pays: ackee and saltfish, aki et morue salée en français. C’est un plat traditionnellement servi au petit déjeuner. Parfois accompagné de plantain et de beignets jamaïcains.
Le fruit qui ressemble à des oeufs.
Le aki est un fruit qui vient d’Afrique de l’Ouest et qui se trouve dans différentes parties de la Jamaïque. L’arbre préfère un climat plus tropical chaud et humide et s’épanouit à basse altitude, sous un soleil généreux. Une fois cuit l’aki a une texture fondante qui rappelle un peu les œufs. Le plat se mange avec des tomates, oignons, thym et poivrons.
Un symbole d’histoire et de résilience.
Ce que peu de gens savent c’est qu’aucun des deux produits principaux de ce plat ne vient de Jamaïque. L’aki est venu d’Afrique de l’Ouest dans les années 1700, avec les bateaux d’esclaves. La morue était importée principalement du Canada (Terre-Neuve) et de Norvège (elle ne nage pas dans les eaux chaudes des Caraïbes) par les colons. C’était une source de protéines peu coûteuse pour nourrir les esclaves. Ce plat raconte l’histoire du peuple jamaïcain : avec des rations de survie et des ingrédients imposés par l’histoire, leurs ancêtres ont fait preuve d’une créativité incroyable pour marier la texture crémeuse de l’aki et le goût salé du poisson. Ils ont transformé un repas de misère en un véritable chef-d’œuvre culinaire mondial.
J’espère que vous apprécierez encore plus la beauté des saveurs en sachant tout ce qu’il se cache derrière votre assiette.
Attention à ne pas manger l’aki cru, il peut être toxique.
Oxtail
C’est souvent un des plats les plus chers sur la carte: l’oxtail. Appelé ragoût de queue de boeuf en français. Si je veux faire plaisir à mon copain, je sais quoi lui commander: de l’oxtail. Journée difficile? Oxtail. Quelque chose à célébrer ? Oxtail. C’est toujours la bonne réponse.
Avec l’oxtail on est sur une cuisson lente des queues de boeuf pour attendrir au maximum cette viande assez dure. Il se mange avec une sauce généreuse et du riz. C’était à l’époque un morceau de viande bon marché, dont personne ne voulait, mais qui aujourd’hui est un des plats les plus appréciés de la cuisine jamaïcaine. Un autre exemple de la résilience et la créativité jamaïcaine.
C’est aussi personnellement un de mes plats préférés. Les saveurs sont tellement riches, la viande si onctueuse. Si vous ne deviez qu’en goûter un: foncez pour l’oxtail. Et régalez vous !

Curry Goat
C’est un de mes plats préférés: curry goat, ou le curry de chèvre en français. Que je mange seulement si je ne porte pas de blanc. Parce que oui il m’arrive occasionnellement de me tâcher, et le curry ne pardonne pas. Si les conditions sont réunies c’est un plat que j’adore. La viande a besoin d’heures de cuisson pour devenir tendre et a un goût très prononcé. On l’accompagne généralement de riz blanc ou de « rice and peas », riz et haricots rouges.
L’histoire derrière le curry goat
En préparant cet article je découvre beaucoup d’histoire derrière chaque plat, et je me suis dit que ça pouvait vous permettre d’en apprendre un peu plus la culture jamaïcaine en plus de vous régaler.
Après l’abolition de l’esclavage en 1834, les autorités britanniques ont fait venir plus de 35 000 travailleurs indiens pour combler le manque de main d’oeuvre. Avec eux ils ont apporté leurs épices et leurs traditions. Avec les années les 2 cultures ont fusionné pour créer le curry goat. La chèvre s’adaptant facilement au climat chaud de la Jamaïque, elle est plus facile à élever que les bovins. Il y a plusieurs nuances entre les versions indiennes et jamaïcaines, pour n’en citer qu’une: l’ordre des ingrédients. Par exemple dans la version jamaïcaine, la poudre de curry est placée directement dans l’huile chaude pour libérer les arômes avant tout autre ingrédient. Alors que la version indienne les choses se font plus progressivement.
Le Jerk Chicken
Je sais que vous l’attendiez. Le très célèbre Jerk Chicken, qui fait saliver les bouches autour du monde. Mais qui enflamme aussi celles des non initiés. Ce n’est pas le plat national par contre c’est certainement le plat le plus connu et le plus cité si vous demandez à n’importe qui de vous nommer un plat jamaïcain. On ne pouvait pas clairement une liste de quoi à manger en Jamaïque complète sans ça.
Mais le jerk chicken c’est quoi ? C’est du poulet cuit très lentement avec un mélange d’épices très relevé puis grillé au feu de bois.
L’histoire derrière le jerk chicken
Les premières traces du jerk chicken remontent au XVIIe siècle. À cette époque, les Marrons, descendants d’esclaves africains qui ont échappé aux colons espagnols et britanniques, se réfugiaient dans les montagnes jamaïcaines, notamment les célèbres Blue Mountains, pour vivre libres.
Par contre, ils faisaient face à un problème important: cuisiner de la viande sans que la fumée attire l’attention. C’est comme ça qu’ils ont eu l’idée de creuser des trous profonds dans le sol pour y enterrer le feu. Ils recouvraient le tout d’épices et de feuilles pour couvrir la fumée. D’ailleurs aujourd’hui on parle de jerk chicken mais à l’époque, c’est le sanglier qui se trouvait beaucoup dans la montagne et qui était cuisiné. Au fil des siècles la cuisson a évolué, avec un grand changement notable dans les années 60.
Avec le développement industriel et touristique, la Jamaïque s’est retrouvée avec beaucoup de barils de pétrole en métal inutilisés. Quelques personnes ont eu l’idée de les nettoyer, les couper en deux et en faire des barbecues facilement transportables. Beaucoup plus pratique pour les vendeurs de rue. Et je dois avouer que j’aime vraiment ce type de cuisson, je vous le recommande vraiment.
Né dans la révolution, caché dans les montagnes, le jerk chicken est aujourd’hui une icône de la cuisine jamaïcaine qui se décline de plusieurs façons. Et que vous trouvez autour du monde. Je vis à Toronto, et même si la source est toujours meilleure, vous pouvez aussi trouver de très bons restaurants pour découvrir le jerk chicken. Ou pour combler un manque avant de visiter à nouveau la Jamaïque.

Le Festival
On ne peut pas partager une liste des spécialités à goûter en Jamaïque sans parler de festival. Le festival est un beignet légèrement sucré, en forme allongée, qui accompagne souvent tous les plats en sauce cités dans cet article. Croustillant à l’extérieur, moelleux à l’intérieur: c’est un régal. Surtout pour la française que je suis qui adore essayer son assiette jusqu’à la dernière trace de sauce. Pas de gaspillage de bonnes choses ici.
La légende raconte qu’un chef testait différentes recettes pour accompagner le poisson frit et le jerk. Il a fait goûter l’une de ses créations à base de farine de maïs et de sucre à des clients, qui ont adoré. Ils ont décrit l’expérience comme un festival dans la bouche. La recette était validée avec un nom qui traverserait les années: le festival.
Le Jamaican Patty
Si vous cherchez un encas pour une petite faim, j’ai ce qu’il vous faut. Enfin je dis je, mais plutôt la Jamaïque a ce qu’il vous faut: le célèbre Jamaican Patty. C’est un chausson salé à la couleur jaune, fourré au bœuf épicé. Alors il existe plusieurs variantes, mais le bœuf est la version originale, et celle que je préfère si vous voulez mon opinion. La pâte ressemble un peu à une pâte feuilletée à plusieurs couches et sa couleur jaune vient de la poudre de curcuma ajoutée à la pâte.
Vous pouvez trouver des patties de partout. Nous en avons même mangé au petit café du musée de Bob Marley après notre visite. Vous avez aussi deux grandes chaînes de patties en Jamaïque qui se font concurrence depuis des années: Tastee et Juici Patties. Si vous avez pu goûter les deux, dans quelle équipe êtes vous ?
Le poisson escovitch
J’ai pas mal parlé de viande, mais la Jamaïque est une île, alors vous allez forcément trouver beaucoup de poissons et fruits de mer. Vous le trouverez surtout sur les côtes jamaïcaines. Un poisson frais, juste pêché, frit entier jusqu’à ce que sa peau soit très croustillante. On le recouvre d’une sauce acide et piquante. Le tour est joué ! On se régale. Idéalement on le mange dans un village de pêcheurs, pour une version fraîche et authentique.
J’espère que maintenant que vous savez quoi manger en Jamaïque vous allez en prendre plein les papilles et vous régaler. Si vous préparez votre séjour, vous vous demandez peut être comment avoir accès à votre téléphone sur place. J’ai préparé un guide complet sur comment utiliser une e-sim pendant vos voyages.
Bon appétit !
